J'ai un sifflement dans l'oreille
Acouphènes chez l'adulte : les quatre situations qui sont des urgences, le seul traitement qui a fait ses preuves, et pourquoi le complément le plus vendu ne marche pas.
Vérifié, corrigé et validé par Dr Zayd OuzeraraMis à jour le 31 juillet 2026
En 30 secondes
Aperçu gratuitEnviron 14 % des adultes entendent un son que personne d'autre n'entend — sifflement, bourdonnement, grésillement. C'est donc extrêmement banal ; et pour environ 2 % des adultes seulement, c'est une gêne sévère. La bonne nouvelle, c'est que la gêne diminue presque toujours avec le temps, même quand le son, lui, reste.
Par sécurité, quatre situations sortent du cadre banal et doivent être vues sans attendre : une baisse brutale de l'audition (c'est une urgence : idéalement dans les 24 à 48 heures, car un traitement rapide peut sauver l'audition), un acouphène rythmé sur les battements du cœur, un acouphène franchement d'un seul côté, ou un acouphène accompagné de vertiges ou de signes neurologiques (paralysie du visage, troubles de l'équilibre, de la parole ou de la vue).
Pour le reste, le paysage des traitements est très net une fois qu'on regarde les preuves : une seule approche a une preuve de bonne qualité, et elle n'est pas médicamenteuse. À l'inverse, le complément le plus vendu au monde pour les acouphènes ne fait pas mieux qu'un placebo — et il n'est pas anodin si tu prends un anticoagulant. La fiche complète t'explique tout cela, et surtout le mécanisme réel du soulagement, qui n'est pas celui que tu crois.
La suite de la fiche, section par section
4 sectionsLes questions à te poser
Un côté ou les deux ? Un acouphène nettement d'un seul côté justifie un bilan spécialisé, avec le plus souvent une IRM. Est-ce que ça bat au rythme de ton pouls ? Question capitale. Un acouphène pulsatile n'a pas la même signification qu'un sifflement continu : il oriente vers…
Quand consulter — signaux d'alarme
Les signes qui imposent de consulter (ou d'appeler les urgences).
Ce que tu peux faire à la maison
Mesures simples + médicaments sans ordonnance basiques uniquement.
Ce qu'il ne faut PAS faire
Les erreurs fréquentes et fausses bonnes idées.
Ou, si ce n'est pas le seul symptôme qui t'arrivera cette année
Questions fréquentes
Est-ce que ça va partir ?
Honnêtement : quand l'acouphène est installé depuis longtemps, la disparition complète est rare. Mais deux nuances importantes — les acouphènes récents s'améliorent spontanément dans environ 28 % des cas, et surtout, la gêne diminue nettement avec le temps chez la plupart des gens. Le but du traitement est de ne plus y prêter attention, pas de faire taire le son.
Est-ce grave ?
Dans la très grande majorité des cas, non. Environ 14 % des adultes en ont, et seulement 2 % environ en souffrent sévèrement. Les formes qui inquiètent sont celles qui sont pulsatiles, d'un seul côté, ou associées à une perte d'audition brutale ou à des signes neurologiques.
Le ginkgo, ça marche ?
Non. C'est le complément le plus vendu pour cette indication, et la meilleure synthèse disponible ne trouve aucun effet. Il expose en plus à un risque de saignement.
Faut-il faire un test auditif ?
Oui, c'est l'examen de base. Il oriente le diagnostic et il ouvre la porte à l'appareillage, qui est l'un des traitements les plus efficaces quand il y a une perte auditive.
Pourquoi ça s'entend plus la nuit ?
Parce qu'il n'y a plus rien pour le masquer, et parce que la fatigue et l'anxiété du soir amplifient l'attention portée au son. Un fond sonore doux au coucher aide beaucoup de gens.
Le café, l'alcool, le sel : faut-il les supprimer ?
Aucune de ces mesures n'a de preuve solide pour les acouphènes en général. Si tu constates un lien chez toi, ajuste — mais ne t'impose pas de privations inutiles.
Un appareil auditif pour un acouphène, vraiment ?
Oui, quand il existe une perte d'audition : c'est l'un des traitements dont l'effet est le mieux documenté, et il est très largement sous-utilisé.
Après un concert, j'ai sifflé toute la nuit. C'est grave ?
C'est un signal d'alerte : cela veut dire que l'oreille interne a été mise à rude épreuve et que le risque de dommage permanent augmente. Protège-toi la prochaine fois — les cellules détruites ne se régénèrent pas.
Sources
Les études et recommandations sur lesquelles s'appuie cette fiche — publiées en clair, pour que tu saches sur quoi repose ce que tu lis.
- Jarach CM, et al. Global Prevalence and Incidence of Tinnitus: A Systematic Review and Meta-Analysis. JAMA Neurology, 2022;79(9):888-900.
- Dalrymple SN, Lewis SH, Philman S. Tinnitus: Diagnosis and Management. American Family Physician, 2021;103(11):663-671.
- Sherlock LP, et al. Clinical Practice Guideline for Management of Tinnitus: Recommendations From the US VA/DOD Clinical Practice Guideline Work Group. JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery, 2025;151(5):513-520.
- Sereda M, et al. Ginkgo Biloba for Tinnitus. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2022;11:CD013514.
- Tunkel DE, et al. Clinical Practice Guideline: Tinnitus. Otolaryngology–Head and Neck Surgery, 2014;151(2 Suppl):S1-S40.
- Bauer CA. Tinnitus. New England Journal of Medicine, 2018;378(13):1224-1231.
- Schoisswohl S, et al. Single Versus Combination Treatment in Tinnitus: An International, Multicentre, Randomised Controlled Trial. Nature Communications, 2025.
- Simões JP, et al. The Progression of Chronic Tinnitus Over the Years. Scientific Reports, 2021;11:4162.
- Fink D, Mayes JL. Making Recommendations to Reduce Noise Exposure. American Family Physician, 2021;103(1):57-59.

Vérifié, corrigé et validé par Dr Zayd Ouzerara
Spécialiste en médecine interne générale (FMH) — six ans aux Hôpitaux universitaires de Genève, aujourd'hui médecin aux urgences à Genève.
N° GLN 7601007964680 — registre fédéral des professions médicales (MedReg) · relu le 31 juillet 2026
Son parcoursContenu d'information générale à visée éducative — ne remplace ni une consultation ni un avis médical individualisé. En cas de doute ou d'urgence, consultez un médecin ou appelez le 144. En savoir plus